Cette présentation concernait l’une des questions majeures de notre époque car elle concerne la mutualité : que faire avec les autres et selon quelles modalités ? Cela nous engage à réfléchir sur les formes d’organisation susceptibles de promouvoir le vivre-ensemble, ou ce que l’on désigne aujourd’hui comme l’« en-commun ». Cette intervention propose de présenter l’Ubuntu comme un paradigme renouvelé pour penser la relation, la proximité, l’interdépendance, la réciprocité et l’altérité. Il s’agira de montrer en quoi l’Ubuntu invite à élargir notre horizon de référence et à concevoir l’avenir du monde comme une responsabilité partagée. Ubuntu défend en effet une anthropologie dans laquelle l’épanouissement humain est indissociable de la présence des autres, reconnus comme acteurs légitimes de la destinée commune.
À propos du cycle de séminaires Le(s) commun(s), le buen vivir et l’ubuntu pour changer le monde Catastrophe climatique, extinction des espèces vivantes, exploitation capitaliste croissante, régimes politiques de plus en plus autoritaires…Les enjeux auxquels nous sommes confrontés sont d’une ampleur telle qu’ils nous renvoient tout simplement aux possibilités mêmes de l’habitabilité humaine sur notre planète Terre.
C’est dans ce contexte que nous, membres du Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS) avons décidé de développer des recherches sur les concepts de « commun », de « buen vivir » et d’« ubuntu », ainsi que sur les pratiques sociales qui se revendiquent de ces éthiques avec pour objectif de « changer le monde » en portant notamment attention aux enjeux culturels, médiatiques et informationnels. Nous souhaitons ainsi mettre l’accent sur les activités qui contribuent à favoriser de multiples formes d’émancipation, et ainsi à contrer toutes les formes d’oppression liées notamment aux systèmes capitaliste, patriarcal et raciste/colonialiste.
Le cycle de séminaires a commencé le 23 janvier dernier avec Walter Mignolo, professeur titulaire en études littéraires et directeur du Centre for Global Studies and the Humanities à la Duke University (Durham, Caroline du Nord) et Silvia Federici, professeure émérite en philosophie politique et études internationales à la Hofstra University (New York City, New York State)