Approches inductives en communication sociale

Le premier numéro de la revue Approches inductives en communication sociale, dirigé par Jason Luckerhoff et François Guillemette vient de paraitre sur le portail Érudit.org.

Plusieurs membres du centre signent des articles dans ce numéro. Tout d’abord, Sophie Boulay et Chantal Francoeur s’interrogent sur l’utilité d’une approche inductive dans le cadre d’une recherche portant sur les liens entre relations publiques et journalisme.

Résumé : Cet article expose le parcours d’une équipe dont le projet de recherche s’est développé d’une manière inattendue. Amorcé dans une épistémologie positiviste et dans un paradigme hypothéticodéductif, le projet a dû être redéployé. Le design de recherche et les méthodes de collecte de données suscitaient plus de questions qu’ils n’apportaient de réponses. Posant un regard critique sur le processus, nous réalisons que les décisions jalonnant la démarche s’inscrivent dans une démarche inductive. L’article décrit l’évolution intuitive d’une recherche où les préconceptions de ce qu’est une excellente méthodologie sont chamboulées pour finalement reconnaître la valeur et le rôle des données en tant que guides pour l’exploration d’objets de recherche.

Raymond Corriveau discute de la pertinence de ces approches dans le cadre de grandes enquêtes publiques.

Résumé : Les grandes enquêtes publiques portent sur le parcours professionnel du communicateur social. Rarement toutefois elles furent abordées selon une approche inductive. Deux grandes investigations sont ici prises à témoin. La première est une expertise collégiale menée dans le cadre de la lutte contre la propagation de la dengue. L’autre traite de la tournée du Conseil de presse qui visait à faire le bilan de l’information au Québec. Liées théoriquement de manière surprenante, les deux grandes enquêtes sont revues dans la perspective de la méthodologie de la théorisation enracinée (MTE). Séquencées de façon opérationnelle et examinées en détail, on y constate que la volonté, dans les deux exercices, de se rapprocher des préoccupations citoyennes place ces démarches dans une grande parenté avec la MTE. La force de l’approche inductive y transparaît de manière non équivoque et la démonstration de la pertinence de son usage lors de pareilles enquêtes devient évidente.

Enfin, Virginie Soulier, stagiaire post-doctorale au CRICIS, effectue un retour sur les paradigmes qui permettent de problématiser des recherches en muséologie.

Résumé : L’article présente notre parcours épistémologique et méthodologique dans le cadre d’une recherche en muséologie. Le processus de recherche en muséologie demeure rarement explicité. L’article vise ainsi à rendre compte des tournures que notre recherche a empruntées. Aborder les différentes versions de notre thèse consiste à retracer les gestes implicites posés dans ce régime d’incertitude et à formaliser notre cheminement intellectuel. Nous proposons d’analyser une série d’énoncés de la problématique de 2010 à 2013 à la lumière de l’approche méthodologique de la théorisation enracinée telle que définie par Guillemette et Luckerhoff (2009), Luckerhoff et Guillemette (2012) et Plouffe et Guillemette (2012). L’exercice vise à analyser le cadrage épistémologique et ses paradigmes sous-jacents. Trois ancrages ressortent dans notre approche inductive : ancrages en méthodologie de la théorisation enracinée (MTE), en phénoménologie et en herméneutique.