Calendrier des activités

23 octobre 2020
  • Histoire et pluralité des perspectives historiques en communication

    De 9:30 à 12:30Par Zoom. Si les mesures de la sécurité publique le permettent un séminaire à l'UQAM sera organisé en plus.

    Catherine Russell : Walter Benjamin and Archiveology: Collecting, Dreaming, and Decolonizing the Archive

    This paper discusses Walter Benjamin’s critical historiography and its relationship to archival film practices, arguing that many of his key concepts anticipate the practice of remixing and recycling film images of the past to create new modes of cultural history. Benjamin’s theory of language, his theory of collecting, and his theory of the phantasmagoria, will all be examined in terms of their contribution to archival film practices. The last part of the paper includes a discussion of The Souvenir Project, a series of four short films by Indigenous Artists produced by the National Film Board of Canada, as examples of decolonizing the archive. Thinking about these films in terms of archiveology and visual sovereignty, I argue that archiveology is a concept embedded in the commons, in which the notion of sovereignty is perhaps misplaced.

    Catherine Russell is Distinguished Professor of Film Studies at Concordia University in Montreal, Mel Hoppenheim School of Cinema, Canada. She is the author of five books, including Experimental Ethnography: The Work of Film in the Age of Video (1999), and Archiveology: Walter Benjamin and Archival Film Practices (2018) and two books on Japanese cinema. Her articles on documentary cinema, Japanese cinema, and experimental film have appeared in numerous journals, collections, readers, and anthologies. Please see http://www.catherinerussell.ca

    Textes d’accompagnement :
     

    • Catherine Russell, “Paris 1900: Archiveology and the Compilation Film,” in New Silent Film, Paul Flaig and Katherine Groo eds. Routledge, 2015, 63-84.
    • Miriam Hansen, “Aura” The Appropriation of a Concept,” in Cinema and Experience: Siegfried Kracauer, Walter Benjamin, and Theodor Adorno. (Berkeley, CA: University of California Press, 2012), 104-131.



    Valérie Schafer: Les héritages des débuts d’Internet et du Web

    Alors que l’an dernier étaient célébrés les 50 ans du réseau ARPANET et les 30 ans du World Wide Web, ces anniversaires étaient l’occasion de revenir largement sur les fondements du « réseau des réseaux ». Ce retour aux sources permettait de prendre la mesure des changements intervenus, mais aussi de continuités certaines, ainsi que de valeurs séminales qui sont régulièrement convoquées dans les débats contemporains. Cette intervention se propose de revisiter les héritages des débuts d’Internet et du Web en trois temps : celui de la mémoire, de la nostalgie et de la reconstruction d’un âge d’or d’abord. Ensuite nous aborderons les héritages et patrimoines matériels et immatériels de ces premières communications en réseaux, notamment le patrimoine nativement numérique (Born-Digital Heritage) que sont les archives du Web et les newsgroups de la communauté Usenet. Enfin nous nous intéresserons à la réactualisation récurrente de controverses nées dès les premiers âges du Web, voire en amont (en termes d’anonymisation, régulation, rôle des intermédiaires, neutralité, etc.).

    Valérie Schafer est professeure d’histoire européenne contemporaine au C2DH à l'Université du Luxembourg et chercheuse associée au Centre Internet et Société (CNRS). Après avoir consacré sa thèse à l’histoire des réseaux Cyclades et Transpac et son HDR à l’histoire du Web en France dans les années 1990, elle poursuit ses recherches sur l’histoire de l’informatique, des télécommunications et des patrimoines et cultures numériques. Elle a récemment publié En construction, la fabrique française d’Internet et du Web dans les années 1990 (Ina Editions), co-publié Qu’est-ce qu’une archive du Web? (OpenEditions) et co-dirigé Penser l’histoire des Médias (CNRS Éditions). Elle a co-fondé la revue Internet Histories et fait partie du conseil scientifique d’Orange et de l’Afnic. Elle participe activement au groupe de recherche européen RESAW dédié aux archives du Web et qui mêle chercheurs et archivistes.

    Textes d’accompagnement :
     

    • Valérie Schafer, « Du grand secret à la ‘défaite de l’Internet’.�Enjeux, mobilisations et controverses autour du pouvoir des intermédiaires en France dans la décennie 1990 », Histoire et Informatique, Chronos Verlag, vol. 20, 2019, pp. 23–40.
    • Anne Helmond, « A historiography of the hyperlink: Periodizing the web through the changing role of the hyperlink », In Brügger N and Milligan I (eds) The SAGE Handbook of Web History. London, UK: SAGE Publications, pp. 227–241.



    François Valloton : Histoire des médias et temporalités historiques

    Mon intervention postulera que l’un des apports de l’histoire des médias, un domaine récemment institutionnalisé, est d’avoir contribué à proposer un nouveau regard sur les formes de temporalité historique.Mon analyse se fera en deux temps. Le premier sera consacré à la notion de culture de masse et à sa relecture par les historien.ne.s des médias et du culturel depuis une vingtaine d’années. On peut observer à cet égard un double déplacement dans la perspective du séminaire. D’abord une extension de la profondeur historique de ces phénomènes de par l’analyse des dispositifs de production et de réception dès le début du XIXe siècle. Ensuite une meilleure prise en compte, avec l’apport notamment de perspectives comparatives puis transnationales, des rythmes d’acculturation différenciés en fonction des espaces mais aussi des périodes historiques. Une deuxième perspective critique majeure sera constituée par la présentation synthétique de l’apport de l’archéologie des médias dans une forme de remise en question à la fois de la linéarité de l’analyse historique et de la compartimentation d’approches sectorielles ne dialoguant pas les unes avec les autres. Un accent particulier sera porté à la remise en question de la notion de «new media» qui, dans l’historiographie traditionnelle, tendait à surestimer l’ampleur de ruptures techniques en négligeant les phénomènes de recomposition et de réactualisation de phénomènes bien antérieurs.

    François Vallotton est professeur ordinaire d'histoire contemporaine à l'Université de Lausanne où il enseigne plus spécialement l'histoire des médias. Auteur de nombreuses contributions dans le domaine de l'histoire culturelle et intellectuelle, il a notamment consacré sa thèse à l'histoire de l'édition suisse francophone. Il a aussi développé de nombreux projets d'enseignement et de recherche portant sur l'histoire de la radio et de la télévision dans une perspective suisse mais également transnationale. Cofondateur du Centre interdisciplinaire des Sciences historiques de la culture à l'Université de Lausanne, il est l'un des animateurs du site "Histoire audiovisuelle du contemporain" et coresponsable du projet «Au-delà du service public: pour une histoire élargie de la télévision en Suisse, 1960 à 2000» (https://wp.unil.ch/tvelargie/).

    Textes d’accompagnement :

    • François Vallotton, «Culture médiatique», in Dictionnaire d’histoire culturelle de la France contemporaine, sous la dir. de Christian Delporte, Jean-Yves Mollier et Jean-François Sirinelli, Paris, PUF, 2010, pp. 219-223.
    • Judith Keilbach et Markus Stauff. « When Old Media Never Stopped Being New. Television’s History as an Ongoing Experiment », dans After the Break. Television Theory Today, édité par Marijke de Valck et Jan Teurlings, Amsterdam: Amsterdam University Press, 2013, pp. 79‑98.

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