Vidéo: Communication et sciences sociales

Ce séminaire avec Éric George et Ndiaga Loum s’est déroulée le 28 septembre 2018 dans le cadre des activités de l’axe 4, Épistémologies critiques en culture et communication. 

Quelle est la « nature » des études en communication ? interrogations d’ordre disciplinaire, interdisciplinaire, voire transdisciplinaire…

Éric GEORGE, Professeur à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal, chercheur, CRICIS

Résumé 
La communication a pris une place croissante à de nombreux titres aussi bien dans nos vies quotidiennes qu’à une échelle beaucoup plus vaste depuis au moins une cinquantaine d’années. Elle s’est aussi largement développée au sein des universités comme discipline reconnue institutionnellement. Mais que peut-on dire actuellement de la « nature » des études en communication ? Peut-on parler de discipline non seulement d’un point de vue institutionnel mais également d’un point de vue épistémologique ? Que nous enseignent à ce sujet les développements des cinquantes dernières années ? et finalement, dans un autre ordre d’idées, est-il même souhaitable de lutter en faveur du renforcement d’une discipline des études en communication en tant que telle ? Telles sont les questions qui nous animeront dans le cadre de cette présentation.

Notice biographique 
Éric GEORGE est professeur titulaire à l’École des médias (Faculté de communication) de l’UQAM et directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS). Il est aussi membre du Collège des nouveaux chercheurs et créateurs en Arts et Sciences de la Société royale du Canada et coéditeur de la revue tic&société.

Références bibliographiques

L’interdisciplinarité ou plaidoyer pour une « indiscipline » dans les sciences sociales

Ndiaga LOUM, Professeur agrégé, Université du Québec en Outaouais (UQO), Chercheur, CRICIS (PéRICOM)

Résumé
Les recherches récentes portant successivement sur la solidarité numérique et les rapports de pouvoir entre champ médiatique et champ politique nous ont permis d’approfondir les fondamentaux d’une approche interdisciplinaire dans les sciences sociales. Les grands enjeux développés dans ces dites recherches recoupent plusieurs sous-thématiques auxquelles s’appliquent les sciences sociales et qui sont aujourd’hui autant de défis pour les chercheurs qui ne peuvent les aborder sans recourir nécessairement à des théories, concepts ou méthodes empruntés à plusieurs disciplines (donc à l’interdisciplinarité) et qui reposent davantage la question de la persistance et alors de la pertinence des découpages académiques et disciplinaires actuellement en vigueur dans nos universités. La critique peut aller loin si la « porte » de l’interdisciplinarité comme posture épistémique systématique ouvre les voies d’une remise en cause des modes de fonctionnement habituels des institutions universitaires. Mais à l’arrivée, elle n’aura rien d’original si elle emprunte beaucoup aux perspectives singulières critiques ouvertes par exemple par la théorie générale des champs de Pierre Bourdieu ou par la quasi-révolution épistémologique dans les sciences à laquelle invitait Immanuel Wallerstein dans « Impenser la science sociale ».

Notice biographique
Ndiaga Loum est juriste, politologue, professeur au département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Membre régulier du Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS). Titulaire de la Chaire Senghor de la Francophonie, co-fondateur et directeur du laboratoire PéRICOM, ses intérêts de recherche marqués par l’approche interdisciplinaire portent principalement sur la communication et le développement international, la régulation juridique, éthique et politique des communications. En dehors de ses activités universitaires, il est aussi expert en droit international humanitaire.

Références bibliographiques