Le contexte particulier du marché québécois – son ampleur limitée et linguistiquement distinct, la forte concurrence des produits et entreprises étrangers, en particulier – explique que la production culturelle locale a toujours été confrontée à un problème de survie économique. Dans ce contexte, le soutien gouvernemental et l’exportation sont souvent apparus comme les seules façons de soutenir le développement et la pérennité à long terme de la culture locale et des entreprises qui la produisent, la diffusent et la mettent en circulation.
Après plus de quarante ans de développement, grandement appuyé par la mise en place d’un arsenal complexe de mesures de soutien gouvernemental, il est aujourd’hui permis de conclure en un certain succès national, tant créatif qu’industriel, de la production culturelle québécoise. Cependant, si ce succès est indéniable sur la scène locale, comme en font foi les parts de marché respectables détenues par nos artistes et nos entreprises au Québec, il demeure éminemment fragile. Et en ce qui concerne l’exportation, force est d’admettre qu’en la matière, le succès est beaucoup plus limité, irrégulier et le plus souvent circonscrit à une poignée d’artistes, de productions ou d’entreprises.
Or, très peu de chercheurs se sont penchés de manière détaillée et extensive sur la question des exportations culturelles québécoises, si bien que notre perception de cette problématique demeure fragmentaire et le plus souvent limitée à des points de vue partiels ou à des commentaires anecdotiques.