Colloque 2025 | Que faire des médias ?

27 octobre 2025 | 9 h 00 min 28 octobre 2025 | 17 h 00 min EDT

Perspectives Gramsciennes sur les médias en période de contre-révolution conservatrice

Depuis le début de la contre-révolution conservatrice, dans les années 1980, l’évolution du paysage médiatique à l’Ouest offre un tableau extrêmement préoccupant. La concentration des organes de presse sous le contrôle de quelques oligarques, la propagation de discours réactionnaires ou autoritaires, la subordination des médias aux exigences de valorisation marchande, l’érosion des services publics, la multiplication des influenceurs d’extrême droite ou l’extension des logiques de l’industrie culturelle participent de tendances historiques résolument opposées à l’émancipation des groupes sociaux subalternes. Certes, face à ce « rouleau compresseur », des organes de presse de gauche résistent, des médias alternatifs ou participatifs se développent de manière encourageante et des espaces de discussion politique émergent en ligne. Il n’en demeure pas moins que les rapports de forces dans la sphère médiatique – pour s’en tenir à cet aspect de notre situation historico-politique, ne sont pas à l’avantage des forces progressistes.

Pour analyser et, in fine, transformer une telle situation historico-politique, nous faisons le pari d’un retour à l’œuvre d’Antonio Gramsci. Il s’agit en effet de l’un des intellectuels marxistes ayant le plus insisté, tant théoriquement que pratiquement, sur le moment « ethico-politique » dans les rapports de forces et, de ce fait, sur la question des médias. Journaliste prolifique avant son incarcération en 1926 (au moins 4000 articles publiés) et fondateur d’hebdomadaires ou de quotidiens communistes (L’Ordine Nuovo et l’Unità), il a prêté une attention constante aux phénomènes médiatiques. Ses Cahiers de prison doivent d’ailleurs en partie leur renommée à leurs élaborations théoriques sur la culture et, plus spécifiquement, sur les médias (à l’instar des notions de « journalisme intégral », « d’intellectuel organique ou traditionnel », « d’appareil hégémonique », « de national-populaire » ou de « réforme intellectuelle et morale »). Ils comportent également de multiples réflexions sur l’histoire des intellectuels italiens, la presse écrite, le théâtre, la littérature, les mouvements artistiques, etc. Échappant à la fois au « culturalisme » et à « l’économicisme », la pensée gramscienne a ceci d’attractif qu’elle saisit politiquement, au prisme de considérations stratégiques et tactiques, la fonction des médias dans la superstructure, mais sans jamais perdre de vue l’unité dialectique de la structure et de la superstructure d’une formation sociale.

COMITÉ D’ORGANISATION

Julien Rueff 
Cristina Carnemolla
Omer Moussaly
Sonia Longo
Joshua Harold Wiebe
Roberto Viviani
Lena A. Hübner
Eric George

Collectif de Recherche Gramscienne

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