20 mars | 9 h 30 min – 12 h 30 min EDT
La troisième séance accueillera Aimé-Jules Bizimana, professeur au département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), ainsi que Mohamad Ali Taha, doctorant au LERASS, à l’Université de Toulouse, et Nikos Smyrnaios, enseignant-chercheur spécialisé dans l’étude des médias et du numérique au LERASS, à l’Université de Toulouse
Aimé-Jules Bizimana
Résumé
La présentation analyse la couverture médiatique de la guerre à Gaza et met en évidence le contrôle strict de l’accès journalistique à la zone des opérations militaires. D’une part, l’armée israélienne a verrouillé l’accès de Gaza pour les correspondants étrangers en expérimentant, néanmoins, la formule de l’intégration avec ses soldats (embedding). D’autre part, les médias internationaux ont dû s’appuyer sur des correspondants locaux dans la bande de Gaza mais les conditions d’exercice des journalistes palestiniens sont extrêmement dangereuses avec de très nombreux morts. Les restrictions de l’accès et les risques sécuritaires font de ce conflit l’un des plus difficiles et des plus périlleux à couvrir pour les médias.
Notice biographique
Aimé-Jules Bizimana, professeur au département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et chercheur régulier au CRICIS. Il est l’auteur de l’ouvrage Le dispositif embedding : surveillance et intégration des journalistes en Irak.
Mohamad Ali Taha et Nikos Smyrnaios
Résumé
Cette communication interroge les contre-flux médiatiques du Sud face à l’hégémonie structurelle des plateformes numériques occidentales à travers l’étude du réseau de TV international Al-Mayadeen. En s’appuyant sur le cadre théorique de la circulation inversée de l’information, l’analyse décrypte comment ce média – qui se définit lui-même comme contre-hégémonique – négocie sa présence dans un espace public mondialisé saturé par les récits du Nord. L’étude se focalise sur la période de haute intensité conflictuelle entre 2023 et 2025, marquée par la guerre à Gaza et au Liban, durant laquelle Al-Mayadeen a intensifié sa couverture de terrain. Face aux dispositifs de modération de Meta et Google, perçus comme des vecteurs de censure potentielle, la chaîne déploie des tactiques d’adaptation, telles que le codage lexical et le camouflage visuel, pour maintenir sa visibilité algorithmique. En conclusion, ce travail explore les transformations de l’espace public contemporain dans l’ère de la platformisation et du desordre géopolitique actuel.
Notices biographiques
Mohamad Ali Taha est doctorant au LERASS, à l’Université de Toulouse. Sa thèse porte sur la transformation numérique d’Almayadeen une chaîne de sud, panarabe et mondiale. Il a une expérience dans le journalisme et les Médias numériques au Liban, en France et au Royaume Uni.
Nikos Smyrnaios est enseignant-chercheur spécialisé dans l’étude des médias et du numérique au LERASS, à l’Université de Toulouse. Ses travaux portent sur l’économie politique des géants du web et les transformations du journalisme à l’ère d’Internet.
Ce cycle de séminaires vise à analyser les différentes manières dont les médias couvrent la guerre entre Israël et le Hamas/la Palestine, tout en discutant des termes mêmes utilisés pour désigner ce conflit.
Nous adoptons une posture critique en nous demandant dans quelle mesure les médias occidentaux, à commencer par ceux du Québec, du Canada et de la France, ont pu présenter une couverture biaisée des événements. Pour ce faire, nous décentrons le regard en comparant, par exemple, la couverture médiatique occidentale à celle de plusieurs pays arabo-musulmans ou encore en mettant en parallèle les traitements médiatiques des guerres à Gaza et en Ukraine. Nous examinons le rôle des journalistes dans des conflits plus anciens, afin d’adopter un regard historique qui dépasse les enseignements tirés à court terme. Nous sommes ouvert.e.s à différents types d’analyses, aussi bien de la part de chercheur.se.s que d’autres professionnel.le.s, à commencer par des journalistes.
Ainsi, nous réfléchissons à nos propres positionnements, entre non-imposition des valeurs et refus d’une prétendue neutralité axiologique, entre prétendus bienfaits et limites de l’objectivité, ainsi que sur l’intérêt d’une recherche et d’un journalisme assumés comme engagés.
Le cycle de séminaires a commencé le 16 janvier dernier avec Jérôme Bourdon, historien et sociologue des médias, professeur au département de communication à l’Université de Tel Aviv (Israël) et chercheur au CARISM à l’Université Paris Panthéon Assas (France) ainsi que Sam Harper, journaliste d’enquête et créateur de balados au sein de la Coopérative de Solidarité Pivot (Québec). Il s’est poursuivi le 13 février avec Mohamed Koursi, ancien directeur de la rédaction du quotidien algérien El Moudjahid et enseignant à l’Université d’Oran (Algérie).
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