23 janvier | 9 h 30 min – 12 h 30 min EST
La première séance de ce nouveau cycle de séminaires accueillera Walter Mignolo, professeur titulaire en études littéraires et directeur du Centre for Global Studies and the Humanities à Duke University (Durham, Caroline du Nord) et Silvia Federici, professeure émérite en philosophie politique et études internationales à Hofstra University (New York City, New York State).
Résumé
S’intéresser au Sumak Kawsay/Suma Kamaña, à l’Ubuntu et aux Communs du point de vue des changements sociaux impose de s’intéresser aux façons dont ces concepts sont mobilisés, soit à un niveau institutionnel — à ce titre, le concept de Sumak Kawsay/Suma Kamaña figure formellement dans les constitutions de la Bolivie et de l’Équateur — soit et surtout au niveau des mobilisations sociales dans la sphère publique à travers, par exemple, les récits et les pratiques des Zapatistes, de la Révolution des Femmes au Rojava, et de l’idée de la « Jinéologie » que les États peuvent soutenir, ignorer ou combattre. En gardant ces éléments de réflexion à l’esprit, dans mon intervention, je présenterai le contexte, la portée et la signification des trois concepts mis en avant dans ce cycle de conférences.
Notice biographique
Sémiologue argentin, figure du post-colonialisme latino-américain et membre fondateur du groupe modernité/colonialité, collectif de pensée critique originaire d’Amérique Latine. A travaillé, entre autres, sur les concepts de décolonialité, de colonialité mondiale, de géopolitique du savoir, de transmodernité, de pensée frontalière et de pluriversalité. Ses deux plus récents ouvrages datent de 2018 (On Decoloniality: Concept, Analytics, Praxis avec Catherine Walsh, ouvrage publié aux Duke University Press) et de 2021 (The Politics of Decolonial Investigations (On Decoloniality, chez le même éditeur.
Résumé
At a time when a new wave of new land enclosures and the privatization of new areas of social life threatens the reproduction of communities across the world, Federici argues that the principle of the commons inspires new forms of resistance and the vision of a world of non-exploitative, cooperative social relations.
À l’heure où une nouvelle vague d’enclosure et de privatisation de nouveaux domaines de la vie sociale menace la reproduction des communautés à travers le monde, Federici soutient que le principe des communs inspire de nouvelles formes de résistance et la vision d’un monde où les relations sociales sont coopératives et exemptes d’exploitation.
Notice biographique
Figure centrale de la théorie féministe marxiste, de l’histoire des femmes, de la philosophie politique et de l’histoire et la théorie des biens communs. Son opus le plus connu, Caliban and the Witch (2004) a été traduit dans de nombreuses langues à travers le monde. Elle a été autrice en 2018 de l’ouvrage Re-enchanting the World : Feminism and the Politics of the Commons publié aux éditions PM Press à Oakland (Californie). L’ouvrage a été traduit en français en 2022 aux éditions Entremonde à Genève et Paris sous le titre Réenchanter le monde. Féminisme et politique des communs. Son dernier livre a pour titre Patriarchy of the Wage: Notes on Marx, Gender, and Feminism et a été publié en 2021 au même éditeur californien.
Présentation du cycle de séminaires
Catastrophe climatique, extinction des espèces vivantes, exploitation capitaliste croissante, régimes politiques de plus en plus autoritaires…Les enjeux auxquels nous sommes confrontés sont d’une ampleur telle qu’ils nous renvoient tout simplement aux possibilités mêmes de l’habitabilité humaine sur notre planète Terre.
C’est dans ce contexte que nous, membres du Centre de recherches interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS) avons décidé de développer des recherches sur les concepts de « commun », de « buen vivir » et d’« ubuntu », ainsi que sur les pratiques sociales qui se revendiquent de ces éthiques avec pour objectif de « changer le monde » en portant notamment attention aux enjeux culturels, médiatiques et informationnels.
Nous souhaitons ainsi mettre l’accent sur les activités qui contribuent à favoriser de multiples formes d’émancipation, et ainsi à contrer toutes les formes d’oppression liées notamment aux systèmes capitaliste, patriarcal et raciste/colonialiste.
Pendant le premier semestre 2026, le cycle de séminaires aura lieu les vendredis matins les 23 janvier, 27 février, 27 mars, 17 avril et 29 mai de 9h30 à 12h30, heure de Montréal, à l’Université du Québec à Montréal (Pavillon Judith Jasmin).
Vendredi 23 février 2026, 9h30 (heure de Montréal)
En présence : Université du Québec à Montréal, Pavillon Judith Jasmin, salle J-1187
À distance : Zoom