Nouveaux Cahiers du socialisme – Médias, journalisme et société (fév. 2014)

CahiersSocialismeÉric George, directeur du CRICIS, ainsi que Maxime Ouellet et Anne-Marie Brunelle, respectivement chercheur et adjointe de recherche au Centre, ont tous les trois contribué au numéro des Nouveaux Cahiers du socialisme, qui parait en février 2014.

Ce numéro est consacré aux changements que connaissent le secteur médiatique et le journalisme dans le cadre de transformations sociales plus vastes.

Extrait de la présentation des éditeurs du numéro :

[…] Dans son texte, Éric George re­vient sur les rap­ports entre la concen­tra­tion de la pro­priété des mé­dias et le plu­ra­lisme de l’information, de même que sur les trans­for­ma­tions que de­vront subir les mé­dias s’ils doivent contri­buer à l’exercice d’une vé­ri­table dé­mo­cratie. Contrai­re­ment à ce qu’on laisse par­fois en­tendre, la ques­tion de la concen­tra­tion n’est pas ob­so­lète selon lui. Mais s’interroger sur la pro­priété privée des mé­dias ne suffit pas. George sou­tient ainsi qu’il faut faire en sorte que chaque ci­toyenne, chaque ci­toyen ait le temps, la for­ma­tion et les ca­pa­cités de s’informer adé­qua­te­ment afin de par­ti­ciper le plus ac­ti­ve­ment à la pro­duc­tion et à la cir­cu­la­tion des in­for­ma­tions, ce qui pose la ques­tion de l’éducation po­li­tique dans nos so­ciétés, mais aussi celle de l’organisation du tra­vail qui, do­ré­na­vant, laisse bien peu de place à la par­ti­ci­pa­tion politique.

[…]

Qu’est-ce qu’une jour­na­liste, un jour­na­liste ? Si la ques­tion est ré­gu­liè­re­ment sou­levée de­puis les an­nées 1950, les ré­ponses va­rient gé­né­ra­le­ment selon les époques, les condi­tions éco­no­miques, la mis­sion so­ciale dé­volue à la presse et l’enjeu du statut du jour­na­liste et de son in­dé­pen­dance pro­fes­sion­nelle. Anne-Marie Bru­nelle re­prend à nou­veaux frais ce ques­tion­ne­ment iden­ti­taire aujourd’hui ac­centué par les im­menses pos­si­bi­lités of­fertes par les tech­no­lo­gies et un mo­dèle d’affaires des en­tre­prises de presse qui trans­forme peu à peu les jour­na­listes en pro­duc­teurs de contenu, in­ter­chan­geables et sans pro­tec­tion de­vant les im­pé­ra­tifs du marché et de la concur­rence. Qui pro­fite de cette fra­gi­lité d’une pro­fes­sion en crise exis­ten­tielle et pour­quoi faut-il s’en préoccuper ?

Maxime Ouellet et Éric Martin se livrent à une cri­tique de la « cri­tique du spec­tacle » la plus cou­rante, gé­né­ra­le­ment ins­pirée par les théo­ries des Chomsky, De­bord ou Negri. Cri­ti­quant l’opposition non dia­lec­tique entre in­di­vidus innocents/médias men­teurs, Ouellet et Martin in­sistent sur l’importance de re­venir au rôle de l’idéologie chez Marx pour opérer une cri­tique pro­fonde des mé­dia­tions so­ciales à l’œuvre dans les so­ciétés ca­pi­ta­listes. Si les mé­dias sont do­minés par l’économie, c’est selon eux parce que toute la so­ciété est do­minée par une forme de mé­dia­tion aliénée et fé­ti­chisée. C’est pour­quoi le dé­pas­se­ment de la contra­dic­tion qui dé­chire la so­ciété sup­pose une trans­for­ma­tion de l’ensemble du rap­port so­cial, et non une simple li­bé­ra­tion des in­di­vidus à l’égard de quelque « com­plot » médiatique.

La présentation complète du numéro se trouve ici.