Podcast: Épistémologies des études en communication

Dans ce séminaire du 16 février 2018, François Yelleprofesseur titulaire au Département des lettres et communications de l’Université de Sherbrooke et Éric George, professeur à l’École des médias de l’UQAM et directeur du CRICIS interviennent sur les épistémologies des études en communications.

Épistémologies des études en communication

Yelle, François: Un retour aux sources – réflexions sur la littérature réflexive du champ des études en communication dans le monde anglophone nord-occidental

Résumé: Dans ma thèse de doctorat (2004), je définissais ainsi ce que je nomme la «littérature réflexive» : «un genre aux contours imprécis, mais qui se particularise par un intérêt porté envers un champ d’études scientifiques –ici, les études en communication- et qui fait de ce champ d’études l’objet premier de sa réflexion.  Les textes réflexifs se répartissent selon deux branches : la « pratique de l’état des lieux », et l’historiographie».

À l’époque, je constatais qu’il n’existait pas un terme ou une expression qui pouvait référer correctement aux divers documents que j’avais identifiés et qui, selon moi, partageaient plusieurs traits communs. Ces points communs ne se retrouvent pas dans tous les documents identifiés, mais ils ont –presque– tous la particularité commune de tirer leur source d’un moment de pause pris par l’auteur.e afin qu’il ou elle propose un état des lieux de « son » champ d’étude, d’en faire le bilan, d’en examiner le parcours, d’offrir à l’occasion un récit historique, mais aussi d’en étudier la santé au moment présent. J’entendais par l’analogie à un « moment de pause », l’effort nécessaire du chercheur permettant l’adoption d’un regard dirigé sur ce qui a été dit, fait, écrit, pensé et suggéré dans son champ d’étude; le propos du document qu’il rend public et qui s’adresse principalement aux collègues de son champ, aurait donc nécessité l’adoption d’une posture dite « métathéorique ».

Dans le cadre de ma présentation, je propose un examen sommaire de textes réflexifs publiés depuis l’année 2007. Une exploration rapide et partielle des principales revues scientifiques anglophones en communication (principalement médiatique) m’a permis d’identifier 196 articles, ce qui semble attester de l’intérêt ressenti par les acteurs et actrices du champ d’étude à réfléchir à ce qu’ils et elles produisent (et ont produit), ainsi qu’aux conditions qui structurent et colorent le champ des études en communication.

 

Textes 

Notice biographique: François Yelle est professeur titulaire au Département des lettres et communications de l’Université de Sherbrooke. Il a obtenu ses diplômes de maitrise et de doctorat au Département de communication de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur les théories de la communication (généalogie, évolution et épistémologie), l’histoire des sciences humaines et sociales, les études sur les périodiques au Québec, les intellectuel.le.s et les médias au Québec de 1940 à 1970, ainsi que la circulation des Cultural Studies dans la francophonie. Il est membre du Groupe de recherche en études littéraires et culturelles comparées au Canada et au Québec de l’Université de Sherbrooke (VersUS), et coresponsable du Laboratoire CPCC du Département de communication de l’Université de Montréal.

George, Éric: Des relations complexes entre recherches « critiques » et études en communication

Résumé: En 1999, rappelant qu’il avait été l’un des fondateurs du département des communications de l’UQAM, Serge Proulx écrivait qu’il s’agissait alors « non seulement d’effectuer un travail de critique théorique de la communication mais aussi de mettre en place un lieu de formation pratique d’où sortiraient éventuellement de jeunes diplômés en communication susceptibles de développer des manières alternatives de pratiquer la communication dans une société québécoise en bouillonnement ». Presque cinquante ans après cette création, que faut-il penser de la place de la critique dans les études en communication ? Dans le cadre de cette intervention, je vais tenter d’apporter quelques éléments de réponse à cette interrogation alors que je m’intéresse à la fois aux caractéristiques des études en communication et à celles desrecherches dites critiques. Dans un premier temps, je reviendrai sur le développement historique des études en communication qui, au Canada et au Québec, furent notamment marquées par la critique. Dans un deuxième temps, je reviendrai sur plusieurs problèmes qui se sont posés quant au développement des recherches critiques en communication et enfin, dans un troisième temps, j’aborderai quelques propositions susceptibles de contribuer à favoriser à nouveau cette articulation entre critique et communication. 

 

Textes

Notice biographique: Docteur en communication de l’UQAM et en Sciences de l’information et de la communication de l’ÉNS de Paris, Éric George est professeur titulaire à l’École des médias (Faculté de communication) à l’UQAM. Il est également, entre autres, directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS) et membre du Collège des nouveaux chercheurs et créateurs de la Société royale du Canada. À partir de la mobilisation desperspectives critiques en communication, il est l’auteur d’une centaine de textes (articles, chapitres de livres et actes de colloques) avec évaluation par les pairs.