Le CRICIS s’est fixé pour objectif premier de constituer un pôle d’excellence dédié aux analyses des rapports entre communication, information, culture et société. Pour ce faire, nous privilégions les perspectives critiques à la fois pour favoriser la pratique systématique de la réflexivité qui doit être au cœur de toute démarche de recherche et pour mettre en évidence tant les inégalités sociales face aux processus et phénomènes communicationnels que les rapports de pouvoir et les potentialités en termes de changements sociaux. Nous nous distinguons en accordant une place centrale à la fois aux recherches macro et micro, à l’importance des contextes structurants tout en étant attentifs aux innovations d’ordre individuel et collectif, et au temps présent tout en situant nos problématiques dans le long terme. Les enseignements que nous tirons de nos recherches sont à la fois issues des pratiques sociales de la communication au quotidien et de l’analyse des rapports entre communication, information, culture et société à une échelle historique et géographique beaucoup plus vaste.

Les membres du Centre développent une démarche interdisciplinaire répartis sur 4 axes de recherches à travers l’analyse des processus et des phénomènes communicationnels envisagée à partir d’une pluralité de regards ancrés en sociologie, en psychologie sociale, en sciences politiques, en sciences économiques, en sciences de l’éducation, en informatique cognitive, en philosophie, en études de la mondialisation, en urbanisme, en géographie, en droit, en sémiologie, en lettres, en histoire et en sciences sociales appliquées.

Axe 1: Mutations de la culture et des médias

Étude des mutations des industries et institutions culturelles et médiatiques dans un contexte d’innovation technologique, de nouveaux modèles de financement et de mise en marché, de mouvements de concentration et de financiarisation de la propriété des médias, de convergence vers les réseaux numériques et de propositions d’organisations alternatives. Analyse des transformations des politiques culturelles publiques et des réglementations en lien avec les rôles respectifs des composantes de l’État, des entreprises et de la société civile ainsi que des nouvelles formes de gouvernance des médias et de la culture. Démocratisation de la culture et problématique de l’accès.

Axe 2: Big Data et surveillance

Sous la responsabilité du GRISQ (Groupe de recherche sur l’information et la surveillance au quotidien), cet axe a pour mandat d’analyser et de comprendre les processus de surveillance liés aux phénomènes informationnels et communicationnels, plus précisément le rôle de ces processus dans la reproduction sociale par le biais de pratiques symboliques et culturelles quotidiennes. Nous entendons étudier la manière dont les technologies socionumériques, en tant que vecteurs de production, cueillette, circulation et consommation d’informations, participent au déploiement de formes quotidiennes de surveillance et comment celles-ci induisent de nouveaux modes de gouvernance.

Axe 3: Communication, médias et démocratie

Sous la responsabilité du laboratoire PéRICOM (politiques et régulation interdisciplinaire en communication), cet axe a pour mandant l’analyse de la place de la communication, de l’information et des technologies médiatiques au sein des sociétés, notamment à des fins de participation démocratique, entre production d’ordre idéologique et construction d’espaces publics  Étude de la place et du rôle des praticiens – journalistes, relationnistes, militants, citoyens – dans la production de l’information, dans la circulation de celle-ci, et dans les discours d’escorte (discours de légitimation, de professionnalisation, d’établissement de frontières professionnelles). Analyse du contenu de l’information, notamment à travers sa circulation dans les réseaux numériques, ainsi que de ses conditions de production (rapports avec les entreprises médiatiques, avec les autorités politiques, etc.). Étude des pratiques de communication par les mouvements sociaux dans les contextes de résistance et d’émancipation des sociétés en vue d’établir des espaces de solidarité et de création ainsi que de la formation de nouveaux rapports sociaux dans et par la communication. Analyse des enjeux relatifs au droit à l’information et à la communication, à la liberté d’expression et à la problématique du «bien commun» de même que de l’articulation entre les champs médiatique et politique.

Axe 4: Épistémologies critiques de la culture et de la communication 

Étude des théories en communication dans le cadre de la production de connaissances en sciences humaines et sociales. Investigation de leurs épistémologies et des approches méthodologiques mobilisées. Prise en compte de leur contexte sociohistorique d’émergence et de leur potentiel émancipateur. Articulation des catégories d’acteurs et des influences institutionnelles sur la dynamique de la recherche en communication.