Le Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS) (originellement Groupe de recherche interdisciplinaire sur la communication, l’information et la société – GRICIS) a été fondé en 1985 par Jean-Guy Lacroix et Gaëtan Tremblay. Respectivement professeurs aux départements de sociologie et de communications de l’UQAM, ils avaient alors développé deux projets avec Marc Ménard, Gilles Pronovost et Kevin Wilson, l’un consacré aux Effets des NTIC sur les industries culturelles (FCAR-Équipe, 1990-1993), l’autre aux Effets de l’informatisation sur les industries culturelles (ministères des Relations internationales du Québec (MRI) et des Affaires étrangères de France (MAE), 1991-1994). Une coopération a été développée à cette occasion avec des collègues français de plusieurs universités. Ensuite, l’obtention de nouvelles subventions a permis d’organiser un symposium international à Montréal en 1994 sur La convergence des techniques de communication et de publier deux ouvrages de référence sur ce thème : De la télématique aux autoroutes électroniques : le grand projet reconduit (1994) et Les autoroutes de l’information. Un produit de la convergence (1995).

Les collaborations internationales ont continué par la suite sur les thèmes suivants : La construction des autoroutes de l’information et internationalisation (MRI et MAE, 1996-1999) et sur Les conditions de mise en place des autoroutes de l’information au Québec et en Belgique (Québec-Communauté francophone de Belgique, 1996-1997). Ce dernier donna lieu à la tenue d’un séminaire à Liège en 1997 alors que le premier conduisit la même année à l’édition d’un numéro de Sciences de la société  ; à la tenue d’un symposium international à Grenoble en 1998, ainsi qu’à l’édition d’un numéro de Loisir et Société de même qu’à la publication d’un autre ouvrage collectif. C’est d’ailleurs durant cette période de forte collaboration qu’Éric George a rejoint l’équipe du CRICIS et a participé avec Gaëtan Tremblay à la publication de l’ouvrage Autoroutes de l’information et dynamiques territoriales (Lefebvre et Tremblay, 1998).

Toujours est-il que cette dynamique nouvelle donna le coup d’envoi de la préparation de deux colloques, l’un panaméricain sur le thème Industries culturelles et dialogue des civilisations dans les Amériques et l’autre international intitulé 2001 Bogues. Globalisme et Pluralisme qui eurent lieu en 2002. Les membres du CRICIS y présentèrent les résultats d’un programme de recherche sur L’institutionnalisation de la marchandise culturelle (FCAR-équipe, 1997-1999) consacré aux politiques de communication dans le contexte de la globalisation, à la mise en place des autoroutes de l’information dans les secteurs de l’éducation et de la santé et au commerce électronique. Précisons qu’une partie importante des membres de l’équipe actuelle ont participé à titre de coordinateur ou d’auteur à l’édition d’un ou de plusieurs des cinq ouvrages publiés par la suite, Panam : industries culturelles et dialogue des civilisations dans les Amériques (2003) d’une part et les quatre tomes de 2001 Bogues : globalisme et pluralisme (2003) d’autre part.

À l’occasion de ces deux colloques, parmi les 300 participants, plusieurs membres actuels du CRICIS développèrent des collaborations nouvelles, à l’instar de Michel Sénécal et Éric George sur le thème Espace médiatique, société civile et mondialisation (FIR-TÉLUQ, 2001-2003) et de Gaëtan Tremblay et Éric George sur le thème Propriété étrangère des entreprises médiatiques : les débats canadiens à la lumière de l’expérience étrangère (Centre d’études sur les médias, 2001-2003), puis sur le thème La concentration et la convergence au sein des industries de la communication : menace ou chance pour le pluralisme de l’information et pour la diversité culturelle ? (CRSH-IDR, 2004-2005). Participaient aussi à ce projet des collègues de France. L’une des subventions obtenues auprès du CRSH pour 2008-2012 se situe d’ailleurs dans le prolongement de celle-ci.

En 2005, Ndiaga Loum et Michel Sénécal ont rédigé ensemble un ouvrage intitulé Médias à l’École, destiné à intégrer l’éducation aux médias dans le milieu scolaire sénégalais et plus largement de l’Afrique francophone. Éric George et Michel Sénécal ont participé au colloque Citoyenneté, démocratie et médias, organisé par Anne-Marie Gingras dans le cadre de l’ACFAS en 2006. Éric George a organisé un colloque Interroger la « société de l’information » dans le cadre des activités du GT 13 « sociologie de la communication » de l’AISLF, au cours duquel sont intervenus Anne-Marie Gingras, Michel Sénécal et Gaëtan Tremblay. Éric George et Michel Sénécal avaient déjà participé aux activités du GT 13 pendant le congrès de l’AISLF à Tours en 2004.

Pendant cette période, des collègues français ont pris le relais du leadership de cette coopération avec le programme Les mutations des industries de la culture, de l’information et de la communication : cartographie, bilan, observation  (Ministère de la Recherche) auquel ont collaboré Jean-Guy Lacroix, Gaëtan Tremblay et Éric George entre 2004 et 2007 qui a conduit, entre autres, en septembre 2006, à la tenue d’un colloque international Mutations des industries de la culture, de l’information et de la communication à Saint-Denis (région parisienne) au cours duquel se sont exprimés plus de 150 chercheurs d’une quinzaine de pays, puis en 2007 à la publication de l’ouvrage Les industries de la culture et de la communication en mutation. Cette période a aussi été marquée par un changement de direction et un renouvellement partiel de l’équipe. En 2006, Jean-Guy Lacroix et Gaëtan Tremblay ont décidé de laisser la codirection du groupe – tout en en restant membres – à Éric George et Marc Ménard. L’équipe s’est renouvelée, mais les activités du CRICIS se sont poursuivies.

En 2006, alors qu’Éric George et Michel Sénécal participaient au colloque Démocratie participative en Europe à Toulouse en tant que membres du comité scientifique du colloque, Gaëtan Tremblay et Éric George ont été présents au colloque Les médias et la diversité culturelle à Moscou. Puis, Éric George et France Aubin ont participé au colloque international Enjeux et usages des TIC. Dynamiques de développement : au carrefour des deux mondes en 2008 à Lisbonne. Toujours cette année-là, Éric George a codirigé l’édition d’un ouvrage Critiques de la société de l’information (George et Granjon, 2008) auquel ont participé Ndiaga Loum, Michel Sénécal et Gaëtan Tremblay.

Suite à la tenue d’un colloque que Gaëtan Tremblay a organisé en 2008, il a coordonné l’édition d’un ouvrage Émancipation hier et aujourd’hui paru en 2009 aux Presses de l’Université Laval qui comprend des textes de France Aubin, Éric George, Ndiaga Loum et Michel Sénécal en plus du sien. Éric George et Michel Sénécal sont membres du comité éditorial de la revue académique tic&société disponible sur le web. Il arrive par ailleurs fréquemment que les uns et les autres participent aux séminaires de maîtrise et de doctorat que donnent leurs collègues. Enfin, l’ensemble des collaborateurs et collaboratrices participe aux séminaires du CRICIS qui ont lieu mensuellement de septembre à mai.

En 2011, Éric George est devenu le directeur du CRICIS avant de passer la main en 2012 à Oumar Kane, puis de reprendre la direction en juin 2013. Avec la reconnaissance institutionnelle et l’obtention du statut de centre de recherche en mai 2011, le CRICIS a connu d’importants développements. L’obtention de la reconnaissance du Centre par l’UQAM en 2011 a constitué un moment charnière dans l’histoire de notre regroupement qui est ainsi passé du statut de groupe comprenant une équipe de plus en plus élargie à celui de centre composé de plusieurs équipes et susceptible d’accueillir des groupes déjà constitués en son sein. Symbole des transformations à l’œuvre, l’acronyme a quelque peu changé puisque le G a laissé place à un C pour affirmer sa transformation en centre, alors que le premier I renvoie dorénavant à sa vocation « interuniversitaire ».

L’équipe actuelle compte vingt-cinq chercheurs réguliers et dix-neuf chercheurs associés. Le centre est aussi un lieu de formation : entre 2010 et 2014, pas moins de 5 postdoctorant/e/s, 29 étudiant/e/s au doctorat et 70 au niveau maîtrise ont amorcé ou achevé leurs études sous la supervision des membres réguliers. Par ailleurs, l’équipe est composée de chercheurs et de chercheures qui ont souvent travaillé sur des projets subventionnés par le CRSH, le FRQSC et d’autres organismes, tels que des Ministères, soit en tant que titulaires de subventions, soit en tant qu’adjoints et adjointes de recherche.