Séminaire « Pensée critique et communication » avec Jean-Guy Lacroix

Ce séminaire est le premier du cycle [« Pensée critique et communication »->art65] et sera présenté par [Jean-Guy Lacroix->art40], professeur associé au Département de sociologie de l’UQAM et chercheur au GRICIS. Il aura lieu le {{vendredi 19 février 2010, de 10h30 à 12h30}}, à la salle J-1060 du Pavillon Judith-Jasmin de l’UQAM, au 405 rue Sainte-Catherine Est (métro Berri).{{Vendredi 19 février 2010 à 10h30 (UQAM, salle J-1060)}}

{ {{La critique et la production de la connaissance : globalisation, études en communication et advenir de la société humaine}} }

[{{Jean-Guy Lacroix}}->http://www.gricis.uqam.ca/spip.php?article40], Professeur associé, Département de sociologie, UQAM

L’objet de cette courte intervention, qui n’a comme but que de lancer le débat, est de souligner le caractère épistémologiquement fondamental de la critique dans la production de la connaissance, et de la conscience, en général et dans le rapport entre les études sur la communication et l’advenir de la société humaine (sa reproduction élargie), tel que son titre l’indique schématiquement.

Pour ce faire, je compte procéder en quatre temps.

Premièrement, en rappelant l’incidence structurante que la critique eut et a encore sur la production et la progression de la connaissance (la contestation et la négation de celle-ci déjà-là, considérée comme « la » réalité, « le » vrai, et son remplacement par une autre plus profonde, incisive, prégnante, englobante…).

Deuxièmement, en soulignant que ce rôle structurant de la critique fut et demeure encore tout aussi, si ce n’est encore plus, important dans les sciences sociales et humaines, donc évidemment aussi dans les études en/sur la communication.

Troisièmement, en précisant que cette structuration de la connaissance par la critique, bien que négligée sinon niée, est encore plus déterminante dans l’actuel contexte de mondialisation (globalisation). En effet, cette globalisation actuelle est caractérisée (dictée) par celle du capitalisme. Il s’agit d’une totalisation systémique du capitalisme qui revendique d’être tout, ce qui exige une totalisation de l’aliénation du sujet humain, de ses actions, de ses pensées, etc., et donc une idéologisation généralisée et systémisée de la représentation du réel (ce qui inclut le réel non encore réalisé [le désir] ), ainsi aussi de la rationalité scientifique. Dans ce contexte, la science (toute la science) devient de plus en plus un « objet » de contrôle idéologique. Le sens de sa pratique, voire de la praxis qui y a cours, se doit d’être déterminé par une finalité qui n’est pas la sienne, mais celle qui tend à s’hégémoniser, il s’agit de la logique du Capital.

Quatrièmement, en mettant en exergue le fait que dans ce contexte, la communication et les études sur et en communication sont non seulement aussi concernées par ce mouvement généralisé de « mise en tutelle » des discours et praxis, y compris scientifiques, mais qu’elles le sont plus particulièrement du fait qu’elles jouent un rôle stratégique dans la totalisation de l’aliénation mentionnée au paragraphe précédent. C’est à travers l’aliénation de leur finalité ontologico-anthropologique et culturo-politique qu’on tente de les contraindre à se réduire à l’articulation interactionnelle des aliénations en système totalisant des aliénations. En découle une double et contradictoire conséquence épistémologique : ou bien les études sur la communication assument leur « devoir » épistémique de positionnement critique, leur finalité de finalité (la détermination téléogique de leur praxis) : viser la création interactionnelle du sens, être conscience qui vise la conscience et qui exige une réponse consciente ; ou bien elles se laissent instrumentaliser à une autre finalité, se “laissent” réduire à une praxis aliénée et aliénante qui vise la conscience, cette fois non pas pour la stimuler mais pour l’aliéner. À cet égard, la critique du syntagme de « société de l’information » est riche d’enseignements.