Subvention de recherche – Cadrages épistémologiques, théoriques et méthodologiques de la recherche critique en communication. Tendances québécoises.

Oumar Kane et Anouk Bélanger, rattachés au Département de communication sociale et publique de l’UQAM et membres du CRICIS, viennent d’obtenir une subvention du réseau de l’Université du Québec pour le projet de recherche « Cadrages épistémologiques, théoriques et méthodologiques de la recherche critique en communication. Tendances québécoises. » Plusieurs autres chercheur-es membres du CRICIS – Éric George, France Aubin, Michel Sénécal, Jason Luckerhoff, Sophie Boulay, Aimé-Jules Bizimana, Normand Landry et Julien Rueff – sont également associés au projet.

La recherche vise à combler une lacune dans la documentation et l’analyse du développement de la recherche en communication au Québec. La communication s’étant fortement institutionnalisée dans l’espace académique au cours des dernières décennies et pourtant un important chantier théorique demeure cependant en friche du fait du faible nombre de recherches spécifiquement dédiées aux aspects théoriques et aux approches critiques en communication. Cette recherche vise donc à amorcer la production d’une cartographie historique de la recherche critique en communication. D’une part, les théories et l’épistémologie de la communication ont été analysées par le passé, dans d’autres contextes, par exemple français, américains ou allemand, mais ce terrain d’investigation demeure en friche au Québec. D’autre part, les recherches disponibles privilégient le plus souvent une perspective normative. Nous proposons plutôt dans le cadre de ce projet d’adopter une approche inductive et de partir des recherches telles qu’elles sont effectivement menées et des enjeux qu’elles soulèvent.

La centralité des moyens de communication dans les rapports et les mouvements sociaux, dans le développement des démocraties, ainsi que dans le déploiement et le fonctionnement du politique et de l’économie rend indéniable le rôle fondamental que la recherche critique en communication peut et doit jouer pour comprendre, voire transformer nos sociétés. Par recherche ‘critique’ nous entendons précisément l’analyse des rapports entre les moyens de communication et la société. Il ne s’agit pas de comprendre le fonctionnement interne et intrinsèque des moyens de communication, mais bien leur rôle dans la vie collective et publique. Ces questions et cette perspective sont rendues encore plus pertinentes par l’explosion des effectifs professoraux et étudiant/e/ss au sein des départements de communication au Québec. Cet essor exprime certainement une volonté de comprendre les rapports médias, communications et sociétés à laquelle la recherche critique peut contribuer de manière importante.