Vidéo: Décolonisation des savoirs

Le vendredi 11 décembre 2020 a eu lieu le séminaire virtuel intitulé Décolonisation des savoirs. Ce séminaire a été organisé dans le cadre des activités de l’axe 4 du CRICIS, Épistémologies critiques en culture et en communication. À cette occasion, nous avons accueilli Suzy Basile, professeure en études autochtones à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (campus de Val-d’Or) et Delphine Abadie Mugombozi, chercheuse associée au Laboratoire des Logiques Contemporaines de la Philosophie (LLCP) de l’Université Paris 8 (France). Le séminaire était animé par Anne-Marie Pilote, étudiante au doctorat en communication à l’UQAM et adjointe de recherche au CRICIS. Visionnez la vidéo du séminaire ici. Vous trouverez les résumés des interventions en bas de la vidéo.

(Note: Pour des raisons hors de notre contrôle les premier mots de la séance on été coupés. Voici les paroles de France Aubin, professeure à l’UQTR, qui intervient au début de la vidéo: « Nous voudrions commencer en soulignant que les terres sur lesquelles se trouve l’Université du Québec à Montréal, à laquelle est associée le CRICIS, font partie d’un territoire ancestral qui a longtemps servi de lieu de vie, de rencontres et d’échanges entre les peuples autochtones, notamment la nation Kanien’kehá:ka (Mohawk).» Nous nous excusons pour cet inconvénient.)

Suzy Basile: Outils de décolonisation de la recherche

Résumé de la communication: Dans la continuité de la transformation du milieu de la recherche et de ses pratiques en contexte autochtone, un exercice d’inventaire et de synthèse s’est avéré nécessaire. La seconde édition d’une boîte à outils a été publiée en 2018. Composée de contributions inédites, de protocoles et d’initiatives émanant des peuples autochtones, cette boîte à outils veut aussi mettre en avant une approche renouvelée des pratiques de recherche et de collaboration avec les Peuples autochtones.

Textes d’accompagnement:

Biographie: Suzy Basile est originaire de la communauté Atikamekw de Wemotaci. Elle détient un baccalauréat et une maîtrise en anthropologie; en 2016 elle a soutenu une thèse de doctorat en sciences de l’environnement à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT). Cette thèse porte sur le rôle et la place des femmes Atikamekw dans la gouvernance du territoire et des ressources naturelles. Elle est depuis professeure à l’École d’études autochtones de l’UQAT, au campus de Val-d’Or. En 2017, elle a mis en place un Laboratoire de recherche sur les enjeux relatifs aux femmes autochtones – Mikwatisiw et depuis le 1er janvier 2020, elle est titulaire d’une Chaire de recherche du Canada sur les enjeux relatifs aux femmes autochtones. Depuis 2010, elle est membre du comité directeur du Réseau de recherche et de connaissances relatives aux peuples autochtones (DIALOG). Depuis le 1er juin 2016, elle est membre du Comité d’éthique de la recherche (CER) de l’UQAT en tant que représentante autochtone. Depuis 2019, elle siège sur le conseil d’administration et sur le comité d’éthique du Fonds de recherche du Québec – Société et culture.

La professeure Basile s’est impliquée dans le processus de développement du Protocole de recherche de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (2005, 2014). Elle a développé les Lignes directrices en matière de recherche avec les femmes autochtones publiées par l’Association des femmes autochtones du Québec en 2012 (2e édition en cours d’élaboration). Elle a également publié et codirigé divers ouvrages sur le sujet de l’éthique de la recherche avec les peuples autochtones. Elle a participé activement à la création de la Boîte à outils des principes de la recherche en contexte autochtone : éthique, respect, équité, réciprocité, collaboration et culture parue en 2014 (1re édition) et en 2018 (2e édition).

Delphine Abadie Mugombozi: La décolonisation des humanités du point de vue de la philosophie africaine

Résumé de la communication: Dans cette présentation, je propose de revenir sur ma participation à un projet en cours d’élaboration de contenus traditionnellement marginalisés dans l’enseignement de la philosophie au CÉGEP. Il s’agira de faire un retour réflexif sur les défis épistémiques, les opérations de sélection et d’exclusion qui ont concouru à l’élaboration du module dont j’ai été responsable sur les pensées africaines et afrodescendantes de l’être humain. Les trajectoires philosophiques complexes issues de l’expérience d’être une personne africaine ou afrodescendante sont habituellement qualifiées d’africana et définies par certaines déterminations sur lesquelles nous reviendrons. Nous nous attarderons à situer dans son contexte historique l’émergence d’un ensemble de contributions permettant de parler d’un véritable paradigme africanade la pensée philosophique. Les originalités de cette approche seront ensuite mises en contraste avec les aspects les plus déterminants des compréhensions libérales, habituellement enseignées en philosophie.  L’inclusion de nouveaux savoirs et la décolonisation des savoirs n’étant pas de simples synonymes, il s’agira ultimement de s’interroger sur la im/possibilité de décoloniser la philosophie à l’intérieur des termes qui l’ont constituée historiquement.

Textes d’accompagnement:

Biographie: Delphine Abadie Mugombozi est titulaire d’un doctorat en philosophie de l’Université de Montréal. Elle est chercheure associée au Laboratoire des Logiques Contemporaines de la Philosophie (LLCP) de l’Université Paris 8 et experte affiliée à l’Institut de Recherche et d’Enseignement sur la Paix en Afrique Thinking Africa. Ses intérêts de recherches tournent autour de la critique de la Modernité, des études décoloniales et postcoloniales, des théories critiques sur le genre en Afrique, la philosophie africana de la diaspora et la philosophie de la race.