Vidéo: Ancrages critiques – Partie 2

Dans le cadre des séances des 25 janvier et 22 février 2019, le séminaire de l’Axe 4 du CRICIS en Épistémologies critiques de la culture et de la communication a pour objectif d’interroger ce que nous entendons par le terme « critique » dans le cadre de nos propres travaux. Autrement dit, quel est la dimension critique de notre propos ? Quatre collègues se sont posés cette question en partant de leurs propres recherches.

Nous pourrons constater dans quelle mesure leurs définitions de ce qu’est la critique sont plus ou moins proches, plus ou moins convergentes. Pour cette deuxième séance, nous avons accueilli Christophe Magis, maître de conférences, Sciences de l’information et de la communication, Université de Paris 8, chercheur CEMTI et  Caroline Caron, professeure en sciences sociales à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), chercheure CRICIS. La discussion sera animée par Philippe-Antoine Lupien, Doctorant en communication (UQAM).

Christophe Magis – Penser la théorie des industries culturelles comme approche critique en communication

La « Théorie des industries culturelles » (ThIC) est une tradition de recherche reconnue unanimement en France et au Québec comme approche critique en communication. Branche spécifique de l’approche dite « Économie politique de la communication », elle tend, en effet, dans le monde francophone, à y représenter celle-ci dans son ensemble — tout en souffrant d’un manque véritable de visibilité en-dehors. Pourtant, les rapports de cette tradition avec l’héritage des théories critiques (matérialisme marxien ou École de Francfort, par exemple) sont loin d’être évidents, tout comme ses liens avec d’autres pans de l’économie politique de la communication internationale. Il s’agira, pour cette présentation, d’examiner les spécificités de la tradition, ses contextes d’émergence et ses propositions méthodologiques afin de questionner la place de la ThIC au sein des approches critiques en communication — et au-delà, d’interroger ce qui fait la particularité d’une approche critique notamment dans le champ de la culture et de la communication.

Lectures suggérées

Notice biographique

Maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’UFR « Culture et communication », Université de Paris VIII. Membre élu du Conseil de l’UFR. Membre des comités scientifiques de la collection « MediaCritic » chez l’éditeur Mare & Martin, de la revue Variations et de la Web-revue des industries culturelles et numériques. Rédacteur électronique la revue Variations. Cofondateur de la revue CritiCc

Caroline Caron – Explorer le potentiel du paradigme critique de la recherche qualitative : l’exemple des études sur le médiactivisme dans le Web social

Résumé
Plutôt que de définir des critères normatifs qui devraient distinguer les recherches critiques des recherches acritiques, cette présentation veut interroger : que peut accomplir une posture de recherche critique, et comment le peut-elle? L’originalité de la présentation réside dans l’angle de traitement méthodologique à partir duquel ce questionnement sera examiné, plaçant ainsi au centre de la discussion une réflexion critique sur le « comment » de la production des savoirs et des ressorts idéologiques sous-jacents. Posant la prémisse que le paradigme critique de la recherche qualitative offre un terrain fertile à la rencontre des « approches critiques » et des « approches inductives » (Caron, 2017), la présentation illustrera le potentiel de ce positionnement paradigmatique pour générer des pistes d’investigation et des analyses, tant théoriques qu’empiriques, susceptibles de contribuer à l’avancement des connaissances. Le champ d’études centré sur le médiactivisme en ligne servira de point de référence pour illustrer le propos et pour insister sur la nécessité de surmonter l’antagonisme entre dystopie technophobe et euphorie technophile afin de mieux rendre compte des complexités sociologiques d’un phénomène dynamique et pluriel.

Lectures suggérées

Notice biographique

Caroline Caron est professeure agrégée au Département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais et membre régulière du CRICIS. Elle s’intéresse aux usages civiques des médias participatifs, aux rapports de genre dans les médias, ainsi qu’aux méthodes de recherche en sciences sociales. Ses recherches récentes portent sur l’activisme des adolescents canadiens sur la plate-forme YouTube et sur le cybersexisme. Ses articles ont paru, entre autres, dans les revues Communication, Lien Social et Politiques, Journal of Youth Studies et Convergence : The International Journal of Research Into New Technologies. Son ouvrage Vues, mais non entendues. Les adolescentes québécoises et l’hypersexualisation (PUL, 2014) s’est mérité le Prix du Canada 2016 en sciences sociales.